Gisant d’Alix de Hollande

Atelier de Tournai
Vers 1280-1300

Pierre de Tournai
Long. 2,87 ; L. 0,72
Provenance : couvent des Dominicains,
Valenciennes
Inv. 90.20.A

C’est la découverte du choeur de l’église des Dominicains, en avril 1989, qui a permis la  mise au jour d’importantes sculptures funéraires appartenant à la parure des tombeaux de certains membres de la famille des comtes de Hainaut. Le mécénat des princes  hennuyers s’est exercé, en effet, dans la commande de monuments somptueux, où l’habileté des sculpteurs se révèle dans l’élégance et l’harmonie des drapés. Dans le cas  présent, il s’agit de l’effigie d’Alix de Hollande, morte en 1283, inhumée avec son époux, Jean d’Avesnes, au milieu du sanctuaire.

Bien que retrouvée dans un état fragmentaire, l’oeuvre a pu bénéficier d’une complète restauration qui nous restitue le personnage dans sa totalité, représenté couché, les  mains jointes et les pieds appuyés sur un chien. Sur le visage, en partie mutilé, on  distingue la guimpe et le voile ainsi que les boucles de la chevelure ponctuant les tempes. Les drapés sont traités avec élégance et tombent dans un modelé harmonieux, comme si le personnage était debout. Au-dessus de la tête se trouve un dais gothique soutenu à droite par une colonnette à chapiteau de feuillages.

Ce gisant, qui faisait partie, à l’origine, d’une dalle funéraire à deux effigies, est sans aucun doute l’une des plus belles sculptures gothiques découvertes à Valenciennes. Il appartient, par son style et le matériau, à la production des célèbres ateliers tournaisiens de la fin du XIIIe siècle.