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L'Arrestation du Christ

L’ Arrestation du Christ

Jacob Jordaens
Anvers, 1593 – Id., 1678

Huile sur toile
H. 2,93 ; L. 2,77
Achat avec l’aide du FRAM, 1994
Inv. 94.11.1

L’arrestation de Jésus est généralement décrite par les peintres comme un corps à corps entre le Christ et les soldats. Jordaens se montre ici plus original en se référant à l’évangile de Jean, le seul qui mentionne l’épisode spectaculaire des soldats tombant à la renverse. Le peintre a construit son tableau sur cet effet de surprise. Jésus sort de l’ombre et, par   sa seule présence, engendre la confusion : un extraordinaire chaos avec enchevêtrements de corps, visages grimaçants, gestes de terreur. La lumière exacerbe cette dramaturgie spectaculaire ; au moyen de torches, de lanternes qui agissent comme des projecteurs, elle sculpte les corps, fait saillir les musculatures. Tout est destiné à surprendre et à intriguer, jusqu’à la présence incongrue du chien, marque évidente du fameux réalisme flamand.

Jordaens a traité plusieurs fois ce sujet mais jamais avec autant d’outrance. L’oeuvre est assurément autographe comme l’attestent de nombreux repentirs, dont celui du visage du Christ toujours bien visible. Au seuil de la vieillesse, sans doute dans les années 1650, le peintre est encore capable de provoquer le spectateur en exécutant cette  extraordinaire image du Christ, superbement vêtu de rouge, dont la figure se dresse, comme triomphante de la mort, avant même d’avoir subi les terribles épreuves de la Passion.