Le Cellier

Frans Snyders
Anvers, 1579 – Id., 1657

Huile sur toile
H. 2,202 ; L. 2,53
Don André Pierrard, 1883
Inv. P. 46.1.222

Spécialiste éminent de la nature morte, Snyders donnera à ce genre une évolution décisive en transformant une conception héritée de Pieter Aertsen et de Joachim Beuckelaer (cat. 28) en de larges compositions, aux détails nombreux et agrémentés de personnages, où la recherche décorative est évidente. Ses oeuvres possèdent un  mouvement et une fougue qui évoquent Rubens, dont il fut le collaborateur de 1611 à 1616.

Ce grand tableau est caractéristique de l’art de Snyders. Le peintre dispose ici, de façon monumentale, d’imposantes pièces de gibiers, des fruits et légumes de toutes sortes, un homard, de la vaisselle en porcelaine, ainsi que des éléments vivants, comme ce chat et ce chien se disputant un oiseau, ou cette fille de cuisine accompagnée d’un jeune  fauconnier. L’ensemble est puissamment rythmé à partir de deux lignes de force : une  grande horizontale matérialisée par un large plan rouge vermillon, selon un procédé cher à l’artiste, et une diagonale figurée par un chevreuil pendu par la patte arrière. L’effet produit par cet animal est augmenté, et prolongé, par une nappe blanche, véritable faire-valoir d’une harmonie de tons vifs et saturés. Ainsi organisée, la scène est d’une clarté parfaite, mais elle vaut aussi par le soin des détails, telles ces authentiques petites natures mortes conçues à l’intérieur de ce vaste tableau : le panier de raisins et de  pommes renversés, le lièvre et les artichauts sur le banc, etc.

L’énorme production de Snyders, étendue sur presque cinquante ans, eut une grande influence, non seulement sur ses contemporains, mais aussi jusqu’au XVIIIe siècle, avec Oudry ou Desportes, qui lui doivent beaucoup.