Narcisse

Ernest Hiolle
Paris, 1834 – Bois-le-Roi, 1886

Marbre
H. 0,87 ; L. 1,6 ; Pr. 0,64
S.D., au dos sur le rocher :
E. HIOLLE/ 1868
Dépôt de l’État, 1891
Transfert de propriété de l’État
à la Ville de Valenciennes, 2005
Inv. 2005.6.36

L’attitude contemplative et langoureuse du jeune homme fasciné par sa propre image a inspiré un grand nombre d’artistes, et le thème fut souvent traité par des sculpteurs de la génération de Hiolle. Lauréat du prix de Rome en 1862, Ernest Hiolle séjourne à la villa Médicis de 1863 à 1868, et, pour son dernier envoi, il exécuta ce grand marbre, qui emprunte son sujet à la mythologie grecque. Dans les Métamorphoses d’Ovide, on lit  comment Narcisse, jeune homme doué d’une grande beauté, s’attire la colère des dieux en repoussant l’amour de la nymphe Écho. Surprenant son reflet dans l’eau, il en tombe  amoureux et se laisse mourir.

À partir d’un exercice académique imposé, Hiolle crée une sculpture pleine de vie dont la forme ondulante et souple évoque parfaitement la sensualité alanguie du héros. Le  traitement de la nature (feuillage, nénuphars, mousses, rochers, etc.) fait preuve d’un réalisme dont la précision ne manque pas de surprendre. L’oeuvre fut exposée au Salon  de 1869 ; admirée, elle fut distinguée par une médaille d’honneur. L’année suivante, elle fut envoyée au musée de Valenciennes, d’où la famille du sculpteur était originaire. Hiolle contribua à l’édification à Valenciennes de la fontaine Watteau, projetée par Carpeaux, et sa personnalité artistique demeure bien représentée au musée.