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Vue pittoresque du Capitole

Vue pittoresque du Capitole

Hubert Robert
Paris, 1733 – Id., 1808

Huile sur toile
H. 1,09 ; L. 0,855
Don de Mme Gustave Crauk, 1898
Inv. P. 46.1.499

La peinture des ruines a constitué, au XVIIIe siècle, un genre à la mode. Un Italien très lié à la France, Pannini, donna ses lettres de noblesse à ce type de paysage. Animé de  personnages, ce spectacle évocateur se transforme en méditation poétique qui fascina Hubert Robert et que Diderot exprime parfaitement : « Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que le monde qui reste. Il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce monde ! » (Salons, 1767).

Hubert Robert vient d’avoir vingt ans lorsqu’il arrive à Rome, en 1754. D’un séjour qui dura dix ans, il rapporte à Paris un grand nombre de dessins qui lui permettront de peindre,  pour les amateurs, des paysages de fantaisie, fruits de l’imagination mais constitués  d’éléments réels pris sur le vif.

Cette Vue pittoresque du Capitole est caractéristique de ces caprices qui firent le succès du peintre. Ces compositions artificielles témoignent d’un sens grandiose de l’espace : arches et escaliers monumentaux sont traités comme des procédés scénographiques chargés d’un effet de perspective. Tout concourt ici à mettre en valeur la célèbre statue  équestre de Marc-Aurèle ; placée à contre-jour, en plein centre du tableau, elle semble s’animer et surgir, tel un cavalier au galop, d’une place du Capitole imaginaire.